Le 25 mai 2007, le service de navigation virtuelle Google Street View est lancé en complément de Google Maps et Google Earth. Il permit aux internautes de visualiser des panoramas à 360°. Mais le principe de Google Street View, les photos aériennes et la possibilité d’explorer le jardin du voisin, remonte à la Guerre Froide. En effet, le département de la Défense des États-Unis l’utilisa à des fins d’espionnage envers l’URSS. Au cours des années, l’évolution de Google Street View fut constante. Le service couvre aujourd’hui 70% du globe.

 

 

L’évolution de Google Street View de 2007 à aujourd’hui

 

Quelques jours après l’annonce de l’arrivée du service Google Street View, les premières agglomérations disponibles sont 5 villes américaines : San Francisco, Las Vegas, Denver, Miami et New York. Elles furent cartographiées par l’entreprise Immersive Media. Cette dernière proposait son matériel à Google avant que ce dernier n’utilise plus que le sien quelques mois plus tard. De plus en plus de banlieues et de zones urbaines aux États-Unis sont ajoutées progressivement sur la plateforme. En avril 2008, Google Street View est totalement intégré au logiciel Google Earth.

Quelques mois plus tard, le service fait son arrivée en Europe par la France et l’Italie. Il conquiert ensuite les principales agglomérations d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Japon. Le premier pays africain disponible sur la plateforme est l’Afrique du Sud en 2010. La France métropolitaine devient entièrement couverte par Street View en juin 2011.

Cette même année, l’entreprise lance le Google Art Project. Ce projet utilise Street View pour donner l’opportunité aux internautes de visiter l’intérieur des musées. Parmi eux, le Musée Van Gogh ou le Château de Versailles. L‘évolution de Google Street View continue. Un service de visite virtuelle d’intérieur pour certains types de bâtiments est lancé en 2012. Il porte le nom de « Google visite virtuelle pour les pros ». Ce dernier devient Google Maps Business View l’année suivante. Street View Trusted est plus tard adopté comme nom définitif. La première visite virtuelle d’intérieur disponible est la tour Burj Khalifa à Dubaï.

 

Google élargit ses horizons

Google s’est progressivement équipé pour s’étendre au-delà des réseaux routiers. Une motoneige fut armée d’un dispositif similaire aux Google cars pour parcourir certaines stations de ski comme Méribel. Aussi, un bateau fut utilisé pour la jungle amazonienne. Un wagon particulièrement bien aménagé pour l’occasion fut emmené en Suisse pour arpenter la première ligne ferroviaire. Depuis 2013, les internautes peuvent explorer des territoires sauvages comme le Grand Canyon. Effectivement, Google Street View a réuni tout l’attirail nécessaire dans un simple sac à dos avec sa technologie du « Trekker » ! L’année suivante, l’équipement de Street View fut embarqué à bord d’un chameau. Certains sont même allés jusqu’aux camps de base de l’Everest !

 

évolution de Google Street View au fil des années

 

Aujourd’hui, les dernières villes à avoir été ajoutées sur la plateforme sont plusieurs agglomérations tunisiennes. Parmi elles, Tunis, Hammamet ou encore Sousse. La Tunisie est le premier pays d’Afrique du Nord et le deuxième du monde arabe à être disponible sur Google Street View. La plateforme connait un progrès indéniable. Mais certains pays ne possèdent pas encore de couverture officielle. On retrouve l’Autriche, le Qatar, le Maroc… Certains endroits ont déjà été photographiés. Mais les images ne sont pas encore en ligne en raison d’inquiétudes sur la protection de la vie privée.

D’autres plateformes semblables furent également créées dans le monde. On distingue le service Streetside de Microsoft Bing Maps, Yandex en Russie, Fotocalle en Argentine qui fournit des images en HD, Zumi en Pologne, Kapou en Grèce, MapJack aux États-Unis, ou encore UrbanDive de Mappy en France. Mais aucun ne parvient réellement à concurrencer Google Street View.

 

 

Un service controversé

 

Mais l’évolution de Google Street View est parfois ralentie par de nombreuses contestations. Celles-ci visent la précision des détails posant des problèmes de confidentialité et de sécurité. La plateforme est en effet controversée pour causes d’atteintes à la vie privée. On y voit effectivement nettement les actions des personnes photographiées. En 2009, Street View fut accusé d’avoir entraîné un divorce au Royaume-Uni. Une femme avait aperçu la voiture de son mari garée devant le domicile d’une amie, avant que celui-ci ne passe aux aveux. Un an plus tôt, des images exclusives de modèles test de Porsche avaient été dévoilées sur la plateforme. 

En 2011, Street View écopa d’une amende de 100 000 € par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés pour collecte déloyale de données privées transitant par les réseaux Wi-Fi non sécurisés lors du passage des Google Cars. La même année, Street View rencontra également des problèmes avec la justice belge et allemande.

En réponse aux critiques, Google mit au point un nouvel algorithme permettant de flouter automatiquement les visages et les plaques d’immatriculation des véhicules. D’autre part, les personnes concernées par des photos de leur maison ont maintenant la possibilité de demander à Google de retirer les clichés s’ils le souhaitent.
Pour des questions de sécurité, les structures sensibles, comme la Maison-Blanche, ne sont pas disponibles sur la plateforme.

 

Mais malgré cette polémique, l’évolution de Google Street View n’est pas prête de s’arrêter. Le service continuera sûrement à impressionner par ses prouesses technologiques. Et à faire rire ses utilisateurs, en capturant de plus en plus d’instants insolites 😉